Contribution « Pour une meilleure fonction publique d’état»

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Contribution rédigée par Thomas di Costanzo, adoptée en assemblée générale de la section de Sceaux (92) le 9 octobre 2014 à l’unanimité moins une abstention.

 

 

La modification des institutions est souvent présentée comme un remède au déficit démocratique du fonctionnement de l’État. Or cette réforme, peut-être nécessaire, n’aurait que peu d’effets si le mode de fonctionnement de l’Administration, et en particulier de la fonction publique d’état, n’était pas en même temps modifié. En effet, c’est de son action que dépend celle de l’État tout entier et de son efficacité la réussite de l’action gouvernementale, en particulier dans la lutte contre toutes les inégalités. L’amélioration de son fonctionnement doit donc être une priorité de toute politique progressiste.

Or, il faut bien constater que le fonctionnement de la fonction publique n’a pas encore intégré toutes les modifications de la société et qu’elle est encore trop souvent ancrée dans les habitudes du passé. Ainsi, la structure essentiellement verticale et hiérarchique de son fonctionnement, couplée paradoxalement avec un faible contrôle des agents de terrain de la part de l’administration centrale, ne favorise pas l’écoute des personnels, ne valorise pas suffisamment leurs actions et leurs initiatives au service de la population et ne permet que très peu la diffusion des bonnes pratiques locales qui pourraient être généralisées avec profit à des situations comparables. Elle entraîne souvent un découragement des agents, persuadés que leur administration ne se préoccupe pas de leurs problèmes quotidiens et ne les considère que comme de simples exécutants, tout juste bons à appliquer les directives ministérielles. Ce sentiment est exacerbé par l’absence de véritable politique de ressources humaines au sein de la fonction publique, alors même que les départs à la retraire toujours plus tardifs ont entraîné l’allongement des carrières.

Il conviendrait donc de repenser la structure de cette fonction publique, repenser la structure des corps pour la simplifier, développer une réelle politique de ressources humaines en offrant bien plus que maintenant les passerelles entre les différents métiers, en encourageant la mobilité entre les différentes administrations et la formation professionnelle. Il faudrait que l’administration centrale soit plus à l’écoute de ses personnels et de leurs expériences de terrain sur l’application des politiques publiques. Il conviendrait également d’allouer dans certains cas aux services de terrain plus de liberté dans la mise en œuvre des politiques publiques, évidemment sous le contrôle de l’administration centrale, pour les rendre plus efficaces. Cela consisterait par exemple à permettre à certains établissements scolaires d’appliquer les programmes sur des cycles plus longs d’enseignement, l’important n’étant pas de réaliser un programme année après année mais de développer les compétences du maximum d’élèves. Enfin, un service public de qualité ne peut être vraiment efficace sans un bon financement. Une refonte complète de la fiscalité semble indispensable pour rendre l’état plus efficace dans son action.

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