Contribution « Qu’est-ce que le plein emploi et le bon emploi ? »

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Cette contribution rédigée par Hachem Alaoui a été adopté à l’unanimité moins une abstention par la section de Sceaux lors de son assemblée générale du 9 octobre 2014.

 

 

Dans certaines villes en Allemagne, le plein emploi a été atteint avec moins de 3 % de chômeurs, si tant est que certaines refusent l’implantation de nouvelles entreprises par crainte de ne pas pouvoir fournir la main d’œuvre nécessaire pour satisfaire leurs besoins.

Ceci est loin d’être le cas dans plusieurs régions françaises et d’Europe qui sont le théâtre de taux de chômage élevé et victimes d’une mondialisation aveugle, non maîtrisée et financiarisée à l’extrême, qui a entrainé la fermeture de plusieurs usines et détruit le tissu productif et industriel.

Un des exemples les plus marquants est le hold-up opéré par le Groupe Mittal qui a mis à mal la sidérurgie en Europe et laissé sur le carreau des milliers de personnes. Le contraste entre cette situation et celle énoncée plus haut pour l’Allemagne n’est pas la fait du hasard ou de la fatalité. Elle est le résultat d’une politique industrielle, mal pensée dans le premier cas, pragmatique et réaliste dans le second. Pour l’Allemagne, il ne s’agit pas de miracle mais de clairvoyance quant aux décisions à prendre lorsqu’il s’agit de sauvegarder le tissu industriel et productif. Dans le cas de la sidérurgie, les allemands ont refusé de céder aux pressions du Groupe Mittal et se sont montrés moins naïfs que leurs homologues français ou belges. Ils ont maintenus leur industrie et les emplois qualifiés qui vont avec, en pariant sur l’excellence des produits et leur adéquation avec un marché restreint. 

Cet exemple montre qu’un pays peut sauvegarder son industrie, ses emplois et s’en sortir dans la mondialisation : L’excellence dans les niches de marché.

L’excellence suppose une recherche permanente de produits nouveaux, innovants et un effort en R&D conséquent (4% du PIB au lieu des 1,9 % en France). La niche de marché suppose des sociétés à taille humaine TPE/PME, agiles et dont les emplois hautement qualifiés seront difficilement délocalisables. Emplois qualifiés suppose des investissements importants dans l’éducation, l’apprentissage, la formation et la mise à niveau permanente des qualifications des citoyens.

L’Europe est une chance et un défi. Les 300 milliards promis pour relancer la croissance ne sont pas suffisants car représentent moins de 1,8 % du PIB. Il faut que l’Europe montre l’exemple et investisse davantage, Mille milliards pour les infrastructures (ferroviaire, fluvial, …), la construction avec un plan européen de transition énergétique, la création de campus européens communs de recherche et d’innovation, des aides à la mobilité des citoyens européens…

Ces efforts demandent du temps mais c’est le prix à payer pour arriver au plein emploi comme c’est déjà le cas dans certaines régions d’Allemagne et d’Autriche.

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